Ernest Renan et l’Italie
BVI 105

Sous la direction de Jean BALCOU
Biblioteca del Viaggio in Italia «Studi»
pp. 130, 3 tav
ISBN 978-88-7760-105-6
20.00 €
En Italie Ernest Renan se rend à dix reprises, de 1849 à 1881, pour une mission scientifique, des conférences ou la participation à des congrès, mais aussi pour des villégiatures en famille. De ces voyages et séjours, l’ouvrage d’Abel Lefranc, Ernest Renan en Italie, offre, en 1938, une première esquisse. Sur la réception en Italie de l’œuvre de Renan, la conférence au Collège de France d’Anne-Christine Faitrop-Porta, en 1989, et ses découvertes sur la représentation en première mondiale de L’Abbesse de Jouarre à Rome, en 1886, ouvrent la voie à la recherche sur l’ampleur et la profondeur des échos suscités par l’œuvre de Renan hors de France. Le magistral tome III de la Correspondance générale de Renan, édité, en 2008, par Champion-Slatkine, que son maître d’œuvre, Maurice Gasnier, présente, la même année, à l’Institut français de Florence, offre aux lecteurs les lettres de Renan à sa famille et à ses amis, pendant son premier séjour en Italie, en 1849-1850. Cette mission scientifique commence à Rome et se poursuit dans d’autres bibliothèques italiennes, du Sud au Nord, en quête de manuscrits principalement orientaux. A cette découverte de la lumière et de l’art, de la sensualité et de la religiosité, le jeune historien doit la métamorphose qui le transforme en écrivain. Avec les Italiens se tissent des liens qui, par la suite, se multiplient et se renforcent, liens dont témoigne la Correspondance générale, en cours de publication, sous l’égide du C.N.R.S. et de l’Université de Brest. Ces correspondants sont des érudits, des historiens et des philosophes italiens, mais aussi des femmes d’esprit, telle Giulia di Roccagiovine, née Bonaparte, qui reçoit Renan dans sa villa de Mandela, près de Rome. Il est vrai que la Vie de Jésus de 1863, mais aussi les ouvrages suivants et les drames philosophiques font l’objet, en Italie, d’une attention que l’on peut qualifier de fervente. C’est au nom des Italiens que l’orientaliste Angelo De Gubernatis déclare, après la disparition d’Ernest Renan: «Nous l’avons aimé, presque adoré».SOMMARIO: Jean BALCOU, Introduction - Jean BALCOU, Patrice, fragments romains du moi défait - Maurice GASNIER, Renan critique de l’art italien - Iphigénie BOTOUROPOULOU, La Grèce et l’Italie dans la pensée de Renan - Jean-Paul CLÉMENT, François d’Assise et Renan ou le double portrait - Valentino PETRUCCI, Le prêtre de Nemi - Barbara INNOCENTI, Ferdinando Martini lettore di Renan - Francesco PETRUZZELLI, La coerenza dell’incoerenza del filosofo nel «tentativo di definire l’infinito». Momenti della riflessione di Ernest Renan durante il primo viaggio in Italia (1849-1850) - Domenico PAONE, Le Italie di Ernest Renan: uno specchio della molteplicità - Anne-Christine FAITROP-PORTA, Renan et les paysages d’Italie – Notes.