Venise des voyageurs romantiques français
BVI 61

Jacques MISAN-MONTEFIORE
Venise des voyageurs romantiques français
Biblioteca del Viaggio in Italia «Studi»
p. 186
ISBN 88-7760-061-6.
20.00 €
Dès la Renaissance, les voyageurs étrangers fascinés par l’Italie placent Venise aussitôt après Rome dans l’échelle de leurs préférences. Que d’objets divers s’offrent en effet à l’admiration! Le carnaval, les noces du Doge avec la mer, les canaux, les gondoles, les palais, l’arsenal, les courtisanes et l’aspect oriental contribuent au caractère de cette ville unique au monde. Le XVIIe siècle, époque où les monarchies s’affirment, élabore véritablement le mythe de Venise en proclamant terre de la liberté celle que Guicciardini avait nommée “la miglior testa politica d’Europa”. Dépourvue de “la tyrannie” et de la “moinerie”, “pays de la parfaite liberté et asyle des courtisanes”, Venise fait alors presque l’unanimité dans l’admiration. Au même moment, la décrépitude et l’immobilisme provoquent cependant la naissance d’un antimythe, dont les deux composantes sont: la légende noire (le Conseil des Dix, l’Inquisition.) et la légende rose (la fatuité, le cynisme et la corruption de la classe dirigeante,“ce grand tyran qui a tant de têstes”). Si cette dernière est l’ingrédient principal de la vision de Venise au cours de l’époque qui retiendra ici notre attention, la première est pourtant loin d’être absente.