Rome au XIXe siècle vue à travers les guides de l’époque.
BVI 63

Jacqueline BOUDARD
Rome au XIXe siècle vue à travers les guides de l’époque.Préface et illustrations par Emanuele KANCEFF.
Biblioteca del Viaggio in Italia «Testi»
p. 396, ill.
ISBN 88-7760-063-2.
48.00 €
Les témoignages des voyageurs qui ont visité Rome au XIXe siècle, ou qui y ont alors séjourné, comportent, le plus souvent, bien des contrastes. Si les étrangers éprouvent généralement impatience et émotion devant ses portes, ils sont toutefois nombreux à dénoncer, très vite, l’incurie de certains quartiers, et à formuler de sévères critiques dans divers domaines. Ainsi, dès leur arrivée, parallèlement à un émerveillement des plus légitimes, suscité par les ruines antiques et les monuments prestigieux de la Rome papale, plusieurs d’entre eux expriment une surprise nuancée de déception, en parcourant des ruelles sombres, malpropres, pour atteindre l’église ou le palais qu’ils souhaitent visiter. Écrivains illustres, historiens, artistes ou simples voyageurs sont unanimes à déplorer cet aspect négatif qui constituait, en fait, l’envers du décor grandiose planté par l’Histoire: dans ce livre on a donné la parole à quelques-uns de ces visiteurs qui franchissaient pour la première fois la Porte du Peuple, entrée obligée pour tous les arrivants en provenance des Alpes. Certains fragments de leurs écrits nous font rapidement pénétrer dans cette atmosphère romaine. Parallèlement à l’élaboration du guide de voyage moderne, très vite, s’était imposée une nette séparation des genres, dans les publications qui circulaient dans ce domaine. Le carnet de route, tout imprégné de la sensibilité de ses auteurs, acceptée et souvent partagée par le plus grand nombre, avait longtemps fait office de guide: la lignée des voyages écrits par Misson, le Président de Brosses, Dupaty et Lalande, peut en témoigner. Après eux, les adeptes du Romantisme refuseront de voir le monde avec les lunettes d’autrui. Ils entendront regarder la Nature, l’Homme et les vestiges du passé avec leurs propres yeux et leurs émotions. Tous pourront proclamer avec Stendhal: “Le journal de voyage doit être plein de sensations, un itinéraire en être vide”. Le touriste égotiste était né.
Emanuele KANCEFF, Préface. - Introduction: Témoignages de quelques voyageurs contemporains. - Chapitre I: Comment la Ville Eternelle apparaît-elle aux voyageurs, à travers les manuels du temps, selon ses différents accès? - Chapitre II: La Rome vivante de l’époque. - Chapitre III: Transformation topographique de Rome avant 1870, ses diverses mutations, et les échos, dans ses murs, de la longue marche vers l’Unité italienne. - Chapitre IV: La mise en place de la capitale du royaume d’Italie. - Chapitre V: L’art d’utiliser les guides au XIXe siècle: l’exemple de quelques voyageurs célèbres à Rome. - Notes.