Présences de l’Italie dans l’œuvre de George Sand.
BVI 66

Préface d’Annarosa POLI
Biblioteca del Viaggio in Italia «Studi»
430 p.
ISBN 88-7760-066-9.
39.00 €
L’Italie de George Sand n’est pas seulement le stéréotype présenté par ses contemporains: terre d’art et de beautés naturelles, d’enthousiasmes, de sensualité, de passions, c’est quelque chose de différent. Le regard que George Sand porte sur l’Italie et sur son peuple n’ignore pas des finalités tout à la fois sociales et morales, mais ce n’est ni celui de Mme de Staël ni celui de Stendhal, lesquels, pourtant, s’étaient posé ces mêmes problèmes. D’une grande originalité est la confrontation entre l’étranger et l’étran-gère, qui, dans ses romans, viennent en Italie, et la population locale, quelle qu’en soit la classe sociale. La réalité italienne, pour eux, est énigmatique et, lorsqu’ils parviennent à y pénétrer, elle est bouleversante, surtout lorsqu’ils tentent d’établir des liens entre le monde féminin, l’art et la société. La femme italienne ressemble beaucoup à George Sand, pour le courage, l’esprit d’indépendance, l’attirance vers la nature, pour l’engagement moral envers la famille. Quant à l’homme, il s’identifie avec le véritable artiste, indépendant, improvisateur dans tous les domaines de l’art, un exemple pour les étrangers qui doivent se rendre en Italie, s’ils veulent devenir de vrais artistes et se libérer de tout académisme. L’Italie est la terre de la “commedia dell’arte” et des grands artisans, sans lesquels jamais il n’y aurait eu le grand art. Toutefois, le pays que, dans son imaginaire, Aurore a rêvé dès son enfance à travers la littérature, la musique et la peinture, ne deviendra pas plus véridique après les voyages en Italie de 1834 et 1855. L’Italie, tant aimée de l’auteur, n’a donc été qu’une superposition d’images qui met en route l’imaginaire? Venise devient “un espace pour les fictions”; c’est, par rapport à d’autres villes du nord, par excellence le lieu de la séduction et de la confusion, à cause des réminiscences de la Renais-sance, du XVIIIe siècle et de l’Orient; confusion des identités dans son éternel carnaval de vérités et mensonges, des valeurs morales parce que le cadre pousse à se laisser entraîner au-delà de toute règle. Le séjour vénitien a été important pour George Sand car il a contribué aussi à l’élaboration de la pensée musicale de l’auteur de Consuelo. Mais il y a au moins une autre Italie pour George Sand, celle de la politique, que fait vivre l’intense correspondance avec Giuseppe Mazzini et qui intéresse profondément la grande romantique. Sur l’Italie de George Sand, beaucoup donc restait encore à dire! Cet ouvrage est le fruit d’un Colloque dont le grand succès a été dû soit à l’importance du sujet, soit à la participation des dix-neuvièmistes les plus illustres sur le plan international, et qui a été la première mani-festation des commémorations internationales du bicentenaire de la nais-sance de George Sand.
Annarosa POLI, Préface. - Introduction: José-Luiz DIAZ, L’Italie sandienne. - L’Italie entre réel et imaginaire: Simone VIERNE, L’Italie imaginaire de George Sand dans Histoire du rêveur. - Isabelle HOOG NAGINSKI, Le Mythe de l’Italie chez George Sand ou Lélia et l’Italie invisible. - Lucienne FRAPPIER-MAZUR, Retraite et ressourcement dans l’imaginaire italien de George Sand: Lucrezia Flo-riani, Le Château des Désertes, Elle et Lui. - Types et caractères italiens: Brigitte DIAZ, Le mythe de l’italienne dans les romans de George Sand. - Annabelle M. REA, L’adolescente sandienne: le cas italien. - David A. POWELL, Le Stéréotype de l’Italien chez Sand: le cas du Secrétaire intime. - Valentina PONZETTO, Altérité et ailleurs. L’Italie dans Gabriel de George Sand. - La musique, la peinture et le théâtre italiens: Annarosa POLI, George Sand et l’opéra italien. - Béatrice DIDIER, La musique italienne dans les Lettres d’un voyageur. - Joseph-Marc BAILBÉ, Teverino et la musique italienne: marivaudage et improvisation. - Nicole SAVY, Les Maîtres mosaïstes: la question de l’original et de la reproduction. George Sand et la hiérarchie des arts. - Roberto CUPPONE, L’epopea dei cornici italiani nel Teatro di Nohant. - Histoire, idéologie: Gian Paolo ROMAGNANI, Sur Mazzini. - Nicole MOZET, Entre Orient et Occident: une ville où les extrêmes se touchent Venise en guerre en 1687 (L’Uscoque). - Michèle HECQUET, Jacques et Simon: horizons italiens. - Langue et traduction: Éric BORDAS, Présence de l’italien dans la langue de George Sand. - Christine CAL-LET, François le Champi en Italie: ce que sousentend une traduction littéraire. - La poétique des lieux: Barbara WOJCIECHOWSKA, George Sand et la Sicile. - Anne McCALL SAINT-SAENS, Au-delà du sale et dupropre: des Lettres d’un voyageur à La Daniella . - Damien ZANONE, Un Robinson à Rome? À propos de La Daniella . - Gislinde SEYBERT, L’esthétisation de la nature italienne dans l’œuvre de George Sand. - Ombres et lumières de l’âme vénitienne: Max MILNER, Le passé et le présent de Venise dans l’œuvre romanesque de George Sand et de Balzac. - Christine PLANTÉ, Ne sommes-nous pas à Venise? (sur Leone Leoni). - Simone BERNARD-GRIFFITHS, Venise palimpseste: des Lettres d’un voyageur (1834) à Mattea (1835) de George Sand. - José-Luis DIAZ, Opéra par lettres “L’aventure de Venise” selon les deux premières Lettres d’un voyageur.